Méthode Montessori

Faut-il écrire « je me suis permis » ou « permise » ?

On écrit généralement « je me suis permis de vous écrire », que l’auteur soit un homme ou une femme. Le participe passé reste invariable lorsque « me » est complément indirect. Il s’accorde seulement avec un complément d’objet direct placé avant lui : « la remarque que je me suis

Par Hélène Vignes·Publié le
Faut-il écrire « je me suis permis » ou « permise » ?

On écrit généralement « je me suis permis de vous écrire », que l’auteur soit un homme ou une femme. Le participe passé reste invariable lorsque « me » est complément indirect. Il s’accorde seulement avec un complément d’objet direct placé avant lui : « la remarque que je me suis permise ».

En 2025, la formule « Je me suis permise de vous contacter » continue de faire hésiter dans les courriels professionnels. Pourtant, le genre de la personne qui écrit ne suffit pas à décider de l’accord. Comme éducatrice et formatrice, je conseille de remplacer le réflexe de mémorisation par une vérification courte : repérer ce que le verbe reçoit directement, puis observer sa place dans la phrase. Cette manipulation permet de choisir une forme juste, même dans une tournure nouvelle.

Je me suis permis ou je me suis permise : la réponse simple

Dans un courriel, écrivez le plus souvent : « Je me suis permis de vous contacter. » Cette forme est correcte, que la personne qui écrit soit un homme ou une femme. Avec se permettre, l’accord du participe passé ne dépend pas du genre de l’auteur, mais de la fonction de « me » dans la phrase. Ce pronom signifie généralement « à moi-même » : il est complément indirect et n’entraîne donc pas l’accord. Comparez : « Je me suis permis une remarque » ; le COD, « une remarque », est placé après le verbe. En revanche : « La remarque que je me suis permise » ; le COD féminin est placé avant, d’où permise. La règle devient plus sûre lorsqu’on vérifie activement la construction plutôt que de mémoriser une formule. Les explications diffusées notamment par Le Figaro et Projet Voltaire vont dans ce sens syntaxique.

Quand écrit-on « je me suis permis » ?

On écrit permis dans les emplois habituels de se permettre : « Je me suis permis de vous écrire », « Je me suis permis de vous appeler », « Nous nous sommes permis une adaptation du planning. » Ce verbe pronominal occasionnel se comprend souvent comme « j’ai permis à moi-même ». Le pronom réfléchi est alors COI ; le participe passé demeure invariable. Pour vérifier votre phrase :

  1. Reformulez mentalement avec « à » : « à moi-même » ou « à nous-mêmes ».
  2. Repérez ce qui est permis : une relance, une question, une adaptation ou l’action exprimée par l’infinitif.
  3. Vérifiez la place de ce COD : s’il suit le verbe, il ne commande pas l’accord.
  4. Choisissez alors « permis » : « Je me suis permis de relancer votre service. »

Cette démarche, proche de celle relayée par Le Figaro et Projet Voltaire, évite de faire du féminin de la personne qui écrit un critère grammatical.

1
Reformuler « j’ai permis à moi-même ».
2
Identifier ce qui est permis.
3
Vérifier si ce COD est placé avant le verbe.
4
Sans COD antéposé, écrire « permis ».
5
Avec un COD féminin antéposé, écrire « permise ».
Méthode en cinq étapes pour choisir entre permis et permise

Quand écrit-on « je me suis permise » ?

Permise ne s’écrit pas parce qu’une femme parle : cette forme apparaît lorsqu’un COD féminin singulier est placé avant le participe passé. Dans « La liberté que je me suis permise », le groupe « la liberté » répond à la question « qu’est-ce que je me suis permis ? ». Il précède le verbe : l’accord est donc requis. Le même raisonnement donne « Les libertés que je me suis permises », au féminin pluriel ; « La pause qu’elle s’est permise » ; « Les remarques qu’elles se sont permises ». À l’inverse, on écrit « Elle s’est permis une pause », car le COD est après permis. Si le COD antéposé est masculin pluriel, la forme reste « permis » : « Les écarts qu’ils se sont permis ». Le féminin pluriel appelle « permises ». Les ressources de MerciApp et de La Langue Française rappellent utilement ce principe d’accord avec le COD antéposé.

Exemples d’utilisation : courriels, phrases courantes et pièges

Exemples d’utilisation : courriels, phrases courantes et pièges

Dans une communication professionnelle, écrivez : « Je me suis permis de vous écrire au sujet de votre demande », « Je me suis permis de vous relancer » ou « Nous nous sommes permis une modification de l’horaire ». En réunion, on dira : « Elle s’est permis une observation » ; dans une production d’élève : « Il s’est permis une digression ». Les erreurs fréquentes viennent d’un accord avec le sujet : « Je me suis permise de te contacter » devient habituellement « Je me suis permis de te contacter » ; « Elle s’est permise une erreur » devient « Elle s’est permis une erreur ». Pour vous entraîner, transformez « Elle s’est permis une remarque » en « La remarque qu’elle s’est permise » : le déplacement du COD rend l’accord visible. MerciApp, La Langue Française et Mark Copy AI proposent des repères complémentaires ; l’analyse de la syntaxe reste toutefois le moyen le plus transférable.

Qui m’a permis ou m’a permise ? Les cas avec « permettre »

Il faut distinguer se permettre de permettre. Dans « Qui m’a permis de participer ? », écrivez permis : « m’ » signifie « à moi » et constitue un complément indirect. La personne ou l’instance a permis à quelqu’un de participer ; aucun COD féminin antéposé ne justifie permise. De même : « Qui nous a permis d’intervenir ? » Pour « A-t-elle permis ou permise ? », observez le complément : « A-t-elle permis la sortie ? » prend permis, puisque « la sortie » suit le verbe. En revanche : « La sortie qu’elle a permise » prend permise, car le COD féminin précède. Une publication de Yahoo Life France, datée du 26 août 2025, a remis cette distinction entre les deux verbes en circulation ; la règle grammaticale, elle, reste identique.

En quelques mots

Pourquoi écrit-on « je me suis permis » même si l’auteur est une femme ? : Parce que « me » est généralement complément indirect dans « se permettre ». Le participe passé ne s’accorde donc pas avec la personne qui s’exprime.
Comment savoir si le COD est placé avant le participe passé ? : Il faut chercher ce qui est permis. Si ce groupe est repris par « que » avant le verbe, comme dans « la liberté que je me suis permise », il déclenche l’accord.
Comment écrire « je me suis permis de vous contacter » ? : La forme correcte est « je me suis permis de vous contacter ». L’infinitif placé après le verbe ne constitue pas un COD antéposé.
Quelle est la différence entre « se permettre » et « permettre » ? : « Se permettre » est employé avec un pronom réfléchi, tandis que « permettre » se construit souvent avec « à quelqu’un de faire quelque chose ». Dans les deux cas, il faut analyser la fonction réelle des compléments.

Vos questions, nos réponses

Qui m’a permis ou m’a permise ?

Écrivez « Qui m’a permis de venir ? ». Dans cette phrase, « m’ » veut dire « à moi » : c’est un COI. Le participe passé reste donc « permis ». On écrirait « permise » seulement avec un COD féminin placé avant : « La sortie qu’il m’a permise ».

A-t-elle permis ou permise ?

Écrivez « A-t-elle permis la sortie ? », car le COD « la sortie » est placé après le participe passé. Écrivez en revanche « La sortie qu’elle a permise », puisque ce COD féminin est antéposé. Avec le verbe permettre, observez avant tout la place du complément direct.

Doit-on écrire « je me suis permise de te contacter » ?

Habituellement, non : écrivez « Je me suis permis de te contacter », même si vous êtes une femme. Dans cette construction, « me » signifie « à moi-même » et joue le rôle de COI. L’infinitif « contacter » précise l’action que vous vous êtes autorisée à accomplir.

Écrit-on « je ne me serais pas permis » ou « je ne me serais pas permise » ?

La forme usuelle est « Je ne me serais pas permis de vous interrompre ». Au conditionnel passé comme au passé composé, « me » est généralement COI avec se permettre. Accordez seulement devant un COD féminin : « La liberté que je ne me serais pas permise ».

Retenez ce repère : avec « se permettre de », on écrit presque toujours « je me suis permis », quel que soit le genre du sujet. Avant d’accorder, cherchez le complément d’objet direct et vérifiez s’il précède le participe passé. Relisez ensuite votre phrase en posant la question « j’ai permis quoi ? » : la réponse sécurise l’accord.

Actualisé le 29.07.2026